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mardi 27 janvier 2026

Cap Gemini et l'ICE ?

Une alliance informatique au cœur des déportations massives. Cette relation, qui remonte à plus de 20 ans, met en lumière comment une multinationale française du CAC 40 alimente les opérations controversées de la police de l'immigration américaine, avec des contrats juteux et des échos éthiques troublants.



Les origines : un partenariat né sous Bush

Tout commence en 2005, quand le DHS (Département de la Sécurité intérieure) mandate Cap Gemini pour « réingénier » les processus d'exécution des expulsions d'immigrés. L'idée ? Optimiser la traque et les déportations via des outils informatiques puissants. Depuis, la filiale Capgemini Government Solutions LLC enchaîne les deals avec l'ERO (Opérations d'exécution et de renvoi), bras armé de l'ICE pour les détentions et les renvois.

Les contrats : des millions pour traquer et détenir

Des ordres de tâche sous accords-cadres : 50,9 millions de dollars (2018-2023) pour gérer les détentions et les transports terrestres ; 59,2 millions potentiels pour les mises à niveau informatiques et les centres d'appels ERO. En 2025, prolongations en source unique pour le Centre de contact et 4,8 millions en « repérage de fuyards » (recherche de personnes en fuite). Pas de sous-traitance flagrante, mais Cap Gemini pilote des sous-systèmes critiques comme la planification des lits en prison et le suivi des alternatives à la détention (bracelets électroniques).

Les gains : des dizaines de millions, cash et sans pitié

USAspending révèle 32,73 millions récents du DHS (95% ICE), avec des audits pointant un surpaiement de 769 869 dollars pour du personnel non qualifié. Ces flux s'intègrent aux revenus américains du groupe, non ventilés précisément, mais les montants ICE grimpent en flèche sous Trump 2.0, facilitant une accélération des déportations.

Paris complice ? Le rôle fantôme de l'État français

Aucun lien direct documenté entre l'Élysée et ces deals américains – Cap Gemini États-Unis opère en solo. Mais en France, l'État verse 1,1 milliard d'euros en 5 ans pour du conseil (ministères divers), et Paul Hermelin (ex-PDG) pilote des missions « bénévoles » sur les visas. Parallèle saisissant : un consortium Airbus-Capgemini rafle des contrats police Intérieur en 2025. Coïncidence ou expertise répressive exportée ?

Le scandale éthique : informatique au service de l'« incarcération électronique »

Outils pour HART/IDENT (biométrie massive), gestion des renvois et surveillance 24/7 : Cap Gemini dope les déportations, critiquées pour violations des droits humains. Les ONG alertent sur cette « traque des migrants » par un champion français, malgré les beaux discours RSE. Réalisme brut : profits colossaux au prix d'une collaboration avec l'une des agences les plus décriées au monde.




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