un décret solennel brandi depuis l'Élysée, clamant la fermeture d'OnlyFans pour sauver la République de la débauche numérique.
Des poses héroïques devant les caméras, des discours enflammés sur la dignité des femmes et la morale laïque.
Mais attendez, avant de jouer les croisés de la vertu, jetez un œil discret à vos tableaux Excel à Bercy.
Car la thèse est implacable : le gouvernement français ne pourra jamais, et n'osera jamais, demander la fermeture d'OnlyFans.
Pas par éthique pure, ni par courage moral, mais parce que cette plateforme est une pompe à cash fiscal que l'État suce goulûment, tout en feignant l'indignation.
Éthique et morale :
Le suicide philosophique
Éthiquement, ce serait un suicide philosophique.
La France, bastion de la liberté individuelle et de la laïcité, protège farouchement les choix consensuels entre adultes prostitution dépénalisée pour les vendeurs, expression sexuelle en ligne validée par la jurisprudence européenne.
Fermer OnlyFans infantiliserait des milliers de créatrices autonomes, ces agentes économiques rationnelles qui monétisent leur corps avec un contrôle inédit, loin des pièges du porno traditionnel.
Moralement, l'État éviterait l'hypocrisie :
il taxe ces revenus sans sourciller, tout en tolérant publicité et mannequinat qui exploitent le même corps.
Une interdiction ? Ce serait pousser ces femmes vers des abysses underground, plus dangereux et sans taxes, comme le craignent Amnesty International et les syndicats du sexe.
Ironie suprême : réguler l'âge ou les contenus illégaux, oui ; bannir une alternative numérique sûre à la prostitution physique, jamais.
L'Argent Roi :
Le talon d'Achille de Bercy
Mais le vrai frein, ah, le délicieux talon d'Achille, c'est l'argent.
Les créatrices françaises déclarent en BNC dès le premier euro : impôts sur le revenu jusqu'à 45%, cotisations sociales, TVA à 20% au-delà de 36 800 € annuels, avec un abattement généreux de 34% en micro-entreprise.
Des millions d'euros tombent dans les escarcelles publiques chaque année, même si OnlyFans est anglo-saxon, la fiscalité nationale s'applique aux résidents.
L'industrie adulte ? Un écosystème juteux : sextech à 1,58 milliard de dollars en 2024, fonçant vers 9,15 milliards en 2035 ; Dorcel et consorts à 35 millions d'euros de CA ; une part du trafic mondial (140 milliards de dollars) irriguant l'Hexagone, deuxième consommateur pornotique mondial.
Comparez aux addictions "tolérées" : tabac à 20 milliards de CA mais 156 milliards de coûts sociaux, alcool à 4 milliards de taxes pour 102 milliards de dégâts, drogues illicites à 7,7 milliards de fardeau sans un centime fiscal.
Le porno ? 500 millions à 1 milliard en France, rentable et sans hécatombe à la Sécu.
Fermer ça ? Scier la branche dorée, au risque de creuser le déficit et le chômage des jeunes créateurs.
Le Fléau et l'Avertissement :
Fuyez ce piège !
Et ces femmes piégées dans ce cercle infernal ?
Car oui, on le crie haut et fort : à quiconque envisage OnlyFans, fuyez ce piège à rats !
Ce n'est pas une carrière glorieuse, mais une addiction aux likes, au cash rapide, qui ronge l'estime de soi, impose burnout et stigmatisation éternelle.
Heureusement, des solutions concrètes existent pour les sauver sans hypocrisie étatiste.
Renforcer l'éducation sexuelle et numérique à l'école, pour prévenir l'entrée dans le gouffre ; des hotlines et centres d'addictologie pour thérapies cognitivo-comportementales anti-dépendance émotionnelle ; allocations transitoires via Pôle Emploi pour reconversion en contenu non adulte, e-commerce ou coaching.
Ajoutez formations CPF gratuites, microcrédits pour entrepreneuriat, et communautés de soutien comme STRASS ou groupes anonymes d'ex-créatrices.
L'État pourrait booster ça avec des fonds européens, en misant sur l'empowerment plutôt que la croisade moralisatrice.
Conclusion Ironique :
Realpolitik à la française
Alors, Bercy, gardez votre décret dans le tiroir.
OnlyFans reste intouchable : trop libre, trop rentable, trop pratique pour vos équilibres budgétaires chancelants.
Préférez feindre l'indignation tout en encaissant, et tendez une vraie main aux perdus du numérique.
Realpolitik à la française, ou ironie cruelle du capitalisme vertueux ?
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